Vous ne connaissez pas le nouveau Dom Quichotte des lettres françaises ? C’est normal, personne ne le connaît. Mais on ne sait jamais, avec les temps qui courent, il pourrait passer à la télé chez Kerdru. Ou pire encore, il pourrait devenir ministre.

Car ce mélange improbable entre Pinot, Simple flic, le trognon de la pomme de Newton et une fistule royale soignée par un médecin de Molière, mérite d’être signalé à tous les lecteurs comme une grosse comète à des astronomes du Ciel des idées. Essayiste, philosophe, professeur, monteur de yourtes, notre champion a déjà abattu plus d’un moulin-à-vent. D’abord, avec la trop méconnue Encyclique Anale, notre indécrottable pétomane aurait provoqué rien de moins que l’ouragan Katrina et la démission du pape Benoît XVI.

Plus récemment, il s’est fait l’exégète des hérésies de gauche. A tour d’hilarantes panglosseries, notre homme a dépassé Thomas Guénolé au concours des nouveaux Cid de la croisade antifasciste. Comment a-t-il fait ? Il s’en est tout simplement pris, pêle-mêle, à Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Michel Houellebecq, Renaud Camus, avec des titres à en faire rougir les meilleurs auteurs de la patristique.

A en croire sa délirante bibliographie, qu’on s’est bien gardé de lire de trop près[1], de peur qu’elle nous morde les parties, la teigne, Michel Houellebecq est un vilain sans-dent ; Finkie, un agité du prépuce ; Camus, un remplacé du bulbe, et Onfray, un gentil hédoniste devenu méchant pétainiste.

On peut faire des plans sur notre comète et imaginer qu’il aille sortir un jour un Contre Maïté, car qui sait : « si les lois, qui sont des personnes vivantes, perdent aujourd’hui leur personnalité» ; s’il faut « en finir moralement et politiquement avec le pape et Dieu » et si « les tués sont des vivants intermittents de la société du spectacle » : le bras barbare de cette dégorgeuse de poireaux pourrait peut-être bien être celui de Mussolini, caché sous le tablier d’une pizzaiolo.

Avis à tous les amateurs des phares de la pensée : Alain Jugnon débarque. Et ça va péter.

[1] Notre étude, d’une très franche mauvaise foi, se base exclusivement sur des articles commis par le philosophe et disponibles sur le CAIRN ; mais aussi sur « La physiognomonie des Anus pensants » d’Antonin Artaud (inédit, le manuscrit se trouve encore dans le caddie d’un vagabond) et le dictionnaire de Peul de ma voisine.